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[A-List] Robert Lemieux, 1941-2008
http://www.ledevoir.com/2008/01/25/173198.html
Opinion
Libre-Opinion: Un homme de coeur et de courage Pierre Cloutier, Avocat
Édition du vendredi 25 janvier 2008
Mots clés : FLQ, Me Robert Lemieux, Justice, Décès, Québec (province)
J'ai bien connu Me Robert Lemieux. J'ai été son associé durant les
événements d'octobre 1970 et pendant quelques années. Nous avons partagé les
mêmes combats.
Ce furent des combats difficiles, car notre bureau d'avocats défendait
principalement devant les tribunaux les jeunes gens du Front de libération
du Québec (FLQ), pour qui la violence apparaissait alors comme la seule
solution logique envisageable pour sortir notre patrie bien-aimée de sa
torpeur et la faire accéder à son indépendance, dans la dignité et la
justice sociale.
Robert -- peu de gens le savent -- aurait pourtant eu, s'il l'avait voulu,
une carrière professionnelle remplie d'honneurs, de gloire et d'argent s'il
avait accepté de la poursuivre dans le confort et l'indifférence. [...]
Mais un autre destin l'attendait. Un jour, Robert a accepté de défendre,
avec un mandat d'aide juridique, un jeune homme accusé d'être lié aux
activités du FLQ. Ce geste devait changer sa vie à tout jamais, contaminer
sa vie familiale et le plonger dans la tourmente et l'adversité.
Promptement mis à la porte par ses patrons anglophones qui n'auraient jamais
accepté un tel outrage, il se retrouve seul dans son petit bureau à
pratiquer le droit civil pour joindre les deux bouts tout en commençant une
carrière de criminaliste qui, quelques années plus tard, devait faire de lui
l'avocat le plus connu et le plus médiatisé du Québec.
Nos vies se rejoignent lorsque, en octobre 1970, un tsunami politique a
déferlé sur le Québec. Un diplomate anglais, James Cross, est alors enlevé
par la cellule Libération du FLQ. Sans hésiter une seule seconde, je quitte
moi aussi le bureau d'avocats où je commence une carrière de criminaliste et
rejoins Robert à l'hôtel Nelson, dans le Vieux-Montréal, où il est
l'intermédiaire entre le FLQ et les autorités gouvernementales.
J'admire le courage de cet homme. J'admire son talent de communicateur.
J'admire la façon dont il défend ses clients. Il négocie, il explique, il
remplit son mandat avec dignité, abnégation et obstination. Il les protège
contre l'inévitable et terrible riposte des plus forts. C'est cela, un
avocat de la défense. Défendre, défendre et défendre, même ce qui apparaît
souvent comme indéfendable aux yeux de certains.
J'entre moi aussi dans la tourmente. Je vais à Ottawa négocier une terre
d'accueil possible pour les membres de la cellule Libération avec le chargé
d'affaires algérien. Plusieurs années plus tard, je devais me rendre compte
que j'avais vraisemblablement été victime d'une ruse et d'une mise en scène
de la part du service de sécurité de la GRC.
Dans la même semaine, Robert et moi nous sommes rendus à une conférence de
presse donnée par le ministre de la Justice, Jérôme Choquette, dans les
studios de Radio-Canada, alors situés dans l'ouest de Montréal, sur la rue
Guy. Robert s'impose et interpelle le ministre abasourdi. En sortant de
l'édifice, nous apprenons par la radio l'enlèvement de Pierre Laporte. Nous
n'avons aucune idée de l'identité des ravisseurs. Les policiers, eux, le
savent déjà.
Après la mort de Pierre Laporte et l'imposition de la Loi sur les mesures de
guerre, nous goûtons à la médecine de Pierre Elliott Trudeau. Robert est
arrêté en pleine nuit et emprisonné à Parthenais, avec Michel Chartand,
Pierre Vallières, Charles Gagnon et Jacques Larue-Langlois. Plus de 500
arrestations et 5000 perquisitions dans toutes les régions du Québec.
Me Bernard Mergler négocie l'exil cubain des membres de la cellule
Libération. James Cross est libéré. Jacques Lanctôt et ses compagnons et
compagnes de lutte partent pour Cuba. Ils ne reviendront que plusieurs
années plus tard. Robert sera là pour les attendre et les défendre.
Les membres de la cellule Chénier sont arrêtés en décembre 1970. Les procès
de Paul Rose et de Francis Simard ont lieu rapidement non pas au palais de
justice mais au sixième étage de l'édifice Parthenais, là où se trouve aussi
le quartier général de la Sûreté du Québec. L'atmosphère est lourde et
sinistre. Ayant échappé de justesse aux rafles, je laisse retomber la
poussière et refais surface. Je prends mon courage à deux mains et j'assure
la relève.
Nous ne pouvons pas sauver Paul Rose et Francis Simard. Paul, qui n'était
pas là lors de la mort de Laporte, fait preuve de solidarité et
d'abnégation. Il devait être expulsé de son procès après deux jours, et je
refuse de cautionner par ma présence ce simulacre de justice. Francis Simard
ne dit rien lui non plus et se laisse condamner.
Après quelques mois, Robert est libéré. Les accusations de conspiration ne
tiennent pas la route. Il défend Jacques Rose avec brio et le fait acquitter
d'une accusation de meurtre. Ce procès lui coûtera cher, car après le
procès, le juge le condamnera à deux ans et demi de prison pour outrage au
tribunal, peine qui sera réduite à six mois en appel. Robert retourne en
prison.
Ce sera ensuite l'exil volontaire à Sept-Îles. Robert s'installe sur la
plage Routhier dans une modeste maison qu'il améliorera constamment et qui
s'avère en fait un petit paradis dans un microclimat devant l'impressionnant
golfe du Saint-Laurent. La presse fait de lui un pompiste comme s'il était
un avocat déchu. Il ne le sera jamais.
Au contraire, il y retrouvera la joie de vivre et jouira au maximum de sa
liberté. Robert aimait la vie et la vivait pleinement et intensément.
Peut-être trop, parfois. C'était un homme de coeur et un plaideur au talent
immense. Un vrai, comme il ne s'en fait plus beaucoup. Au panthéon des
avocats, il y aura toujours une place pour Robert Lemieux, n'en déplaise aux
bien-pensants et aux sépulcres blanchis.
Il n'y avait pas de malice dans cet homme. Il n'y avait qu'un immense désir
de liberté et de justice. Je te salue avec amitié et affection, cher Robert.
--
http://www.ledevoir.com/2008/01/23/172903.html
Opinion
Lettres: Il a triomphé du système Andrée Ferretti, Brigham, le 21
janvier 2008
Édition du mercredi 23 janvier 2008
Mots clés : Robert Lemieux, Comité pour la défense des prisonniers
politiques, Justice, Québec (province)
J'ai bien connu Robert Lemieux alors qu'il était engagé au sein du Comité
pour la défense des prisonniers politiques. Son dévouement était exemplaire
et suscitait l'admiration et le respect des militants.
Pour ma part, c'est sa détermination, sa combativité et son courage qui
m'émouvaient. Alors que sa connaissance exhaustive des codes criminels et
civils du Canada et du Québec et des fonctionnements officiel et officieux
du système de droit canadien lui aurait permis de faire une brillante
carrière dans les grands bureaux d'avocats du Québec, il a choisi de se
battre contre la loi et pour la justice en utilisant avec intelligence
toutes les règles et toutes les astuces du système.
Contre les armadas fédérale et fédéraliste férocement lancées à l'assaut du
mouvement indépendantiste, il a défendu avec succès les Vallières, Gagnon et
Rose, pour ne parler que des procès intentés aux militants les plus
radicaux, c'est-à dire les plus logiques si on considère la nature de la
guerre permanente que le Canada livre au peuple québécois depuis des
siècles. [...]
----
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=553
Paul Rose rend hommage à Robert Lemieux
24 janvier 2008
Pierre Dubuc
Pour Paul Rose, que son grand ami Robert Lemieux soit décédé le jour de la
célébration de Martin Luther King aux États-Unis et du fleur-de-lysée au
Québec est chargé de signification : «Ça représente les deux grands phares
de sa vie militante: la défense des droits civils et l?indépendance du
Québec». C?est également, à une journée près, la date du décès de Rose Rose,
la mère de Paul ? «femme engagée que Robert a bien connue et qui nous a
quitté au même âge, 66 ans», souligne-t-il.
La Maison du pêcheur
« C?était un homme de convictions, un véritable défenseur des droits
civiques », déclare Paul Rose en se remémorant sa première rencontre avec
Robert Lemieux lors des événements de la Maison du Pêcheur à Percé en 1969.
À la tête d?un groupe de jeunes, Paul avait mis toutes ses énergies et ses
économies à l?implantation à Percé de ce qui allait devenir la première
auberge de jeunesse populaire du Québec. Une initiative qui n?avait pas plus
aux riches commerçants, la plupart non résidants de la place .
« Le chef de police ? qui avait engagé des fiers à bras de Montréal ? nous
avait délogé avec des boyaux d?arrosage et j?avais été incarcéré. J?ai
téléphoné à Montréal à Robert Lemieux, que je connaissais de réputation, et
il est immédiatement descendu à Percé pour nous faire libérer. »
Lui, c?est nous; nous, c?est lui
Diplômé de la Faculté de droit de l?Université McGill, parfait bilingue de
par sa mère irlandaise, Robert Lemieux avait décroché un emploi au sein du
cabinet d?avocats O?Brien, Home, Hall, Nolan, Saunders, O?Brien et Smythe où
il aurait pu faire une riche et prestigieuse carrière. Mais il s?est
retrouvé à défendre des felquistes, dont le célèbre duo de Pierre Vallières
et Charles Gagnon, ce qui lui a valu un congédiement en bonne et due forme.
Lors des événements d?Octobre 1970, quand le FLQ a besoin d?un intermédiaire
pour négocier avec le gouvernement la libération des otages, le choix est
facile. « Dans le communiqué que nous avons émis à ce moment-là, nous
disions à propos de Robert : ??Lui, c?est nous. Nous, c?est lui?? », raconte
Paul Rose.
« Nous connaissions la profondeur de ses convictions. À McGill, il avait
connu le Quebec-bashing. Il avait été dans leur bastion, il avait été de
l?autre côté. Il les connaissait. C?était un atout. »
À cette époque, Robert Lemieux et quelques autres avocats avaient formé la
Commune juridique pour défendre les militantes et militants aux prises avec
la justice. « C?était avant l?aide juridique, rappelle Paul Rose. Les
avocats mettaient leurs maigres ressources en commun, qu?ils partageaient
avec les secrétaires. Robert arrivait souvent à la Cour avec sa boîte à
lunch. La Commune était régie par une assemblée générale des avocats et du
personnel où toutes les décisions se prenaient. »
Les deux procès de Paul Rose
Lors des ses procès, Paul Rose aurait aimé avoir Robert Lemieux pour avocat.
« Il respectait les convictions des gens qu?il défendait. Contrairement à
d?autres avocats qui demandent à leurs clients de renier leur cause ? en
plaidant, par exemple, l?erreur de jeunesse pour s?attirer les faveurs du
juge ? Robert Lemieux respectait les accusés, les aidait à contourner les
pièges de la couronne, trouvait des procédures qui leur permettraient
d?expliquer les motifs de leur gestes malgré l?opposition du juge et du
procureur. »
Mais Robert Lemieux avait été lui-même emprisonné lors des Événements
d?Octobre. « Il était au 12e étage de Parthenais, alors que j?étais au 4e
étage », relate Paul Rose.
Lors du procès qui s?est tenu au 6e étage de l?édifice de la Sûreté du
Québec sur la rue Parthenais, transformé en caserne militaire, dans un
quartier quadrillé par l?armée, Paul avait demandé la présence de Robert
Lemieux comme avocat.
« Le juge m?a répondu qu?il avait juridiction uniquement sur le 6e étage.
J?ai assigné Robert comme témoin et lorsqu?il a été amené, j?ai dit au juge
: vous l?avez maintenant sur votre territoire, vous avez juridiction, vous
pouvez me l?assigner comme avocat. Le juge était désemparé. Il a pris la
cause en délibéré. Question d?aller consulter plus haut. Bien entendu, ma
requête a été refusée », raconte Paul dans un grand éclat de rire.
Lors du deuxième procès de Paul Rose, la Couronne s?était arrangée pour
faire démarrer quelques semaines auparavant un procès où Robert Lemieux
représentait d?autres felquistes, si bien qu?il ne pouvait être l?avocat de
Paul.
Des droits égaux pour tous
Cependant, Robert Lemieux a régulièrement rendu visite à Paul pour l?aider à
préparer son procès. Mais Lemieux a surtout été très actif pour faire cesser
les conditions de détention exceptionnelles de Paul Rose, placé dans le «
trou », flambant nu, 23 heures et demi par jour, avec interdiction
d?employer tout papier, crayon, document juridique, code pénal, etc.
Robert Lemieux a alors présenté une requête à la Cour supérieure dont le
libellé demandait de « faire cesser ce régime punitif, répressif et
discriminatoire envers le requérant confiné sans aucune raison dans un
cachot de 8 pieds par 5 pieds, démuni de toute fenêtre où une lumière
allumée 24 heures sur 24 l?aveugle continuellement l?empêchant de dormir,
traitement spécial qui vise à empêcher la préparation du prochain procès et
d?importantes procédures judiciaires alors que Paul Rose doit assumer sa
propre défense. »
Il n?est pas inutile de rappeler que la requête a été rejetée parce que,
selon le tribunal, « même si les faits allégués étaient vrais, lorsque les
autorités agissent dans une matière purement administrative, les tribunaux
ne peuvent intervenir ».
Sur ses 12 ans d?incarcération, Paul Rose a passé un total deux ans dans le
« trou », entre autres pour avoir organisé en 1977 une grève des détenus! «
On refusait de sortir de nos cellules, d?aller travailler. Ça s?était jamais
vu. Les gars se sont tenus. On a gagné les visites-contact et le droit à la
scolarisation, de l?alphabétisation jusqu?à certains cours universitaires. »
Dans ces luttes, Lemieux était toujours aux côtés des détenus. « Robert
était contre toute discrimination dans les conditions de détention. Pour
lui, le droit devait être égal pour tous. On avait des droits ou on en avait
pas. Si on en avait, c?était les mêmes pour tous. Il avait été formé dans
cette vieille tradition britannique qui se réclamait de la Magna Carta de
1215. »
Un plaideur extraordinaire
Robert Lemieux était un plaideur extraordinaire. Il l?a démontré lors des
procès de Jacques Rose. Le premier procès s?est terminé par un désaccord du
jury et le deuxième par un acquittement.
Le lendemain de l?acquittement, La Presse publiait en première page une
extraordinaire photo où on voyait Robert Lemieux, Jacques Rose et des jurés
trinquant sur la terrasse de l?hôtel Nelson dans le Vieux-Montréal.
Il faut dire que les procès de Jacques Rose s?étaient déroulés au Palais de
Justice et non dans un poste de police transformé en caserne militaire et
que la loi sur les jurés avait été modifiée suite aux requêtes déposées au
tribunal par les felquistes et à l?intervention directe de militantes
féministes lors du procès de Paul Rose. Les femmes avaient obtenu le droit
d?être juré. Et l?obligation d?avoir une propriété de valeur élevée avait
été abolie pour tous les membres du jury.
« Robert était authentique. C?était sa force. Il était proche du peuple. Ça
se sentait. Pour lui, l?institution fondamentale de la justice, c?était le
jury, le jugement par le peuple. Et, malgré des allures brouillonnes aux
yeux de certains, il était très minutieux, très méticuleux et lorsqu?il
utilisait une procédure « par erreur », c?était intentionnel », de préciser
Paul Rose.
Un humaniste et un être socialement engagé
Le dernier procès de Jacques Rose lui a cependant coûté cher. La
magistrature n?a jamais accepté cette magistrale rebuffade. Robert Lemieux a
été condamné à 2 ans et demi de prison pour outrage au tribunal, peine qui
sera réduite à 6 mois en appel.
Cela lui a valu, par le fait même, une suspension du Barreau. Il quitte
alors Montréal pour Sept-Iles. « C?est parce qu?il ne pouvait pas pratiquer
le droit, à cause de cette suspension, qu?il a été pompiste, mais pour lui
c?était un honneur », précise Paul.
Par la suite, il a plaidé pour les syndicats de la base, mais a surtout été
actif dans le droit matrimonial. « Il cherchait à réconcilier les couples,
plutôt que de les amener à divorcer. C?était pas très bon pour son fond de
commerce, mais ça traduit bien l?humaniste et l?être socialement engagé
qu?il était. »
À quelques reprises, des militants du Parti Québécois lui ont demandé d?être
candidat, mais, à chaque occasion, la direction du Parti avait toujours une
candidature à lui opposer. « Pour ne pas créer de conflit, il se retirait »,
nous dit avec regret Paul. « Avec une couple comme lui, le PQ ne se serait
pas détaché autant de ses racines populaires du début. »
Le 28 janvier, les frères Paul et Jacques Rose seront aux funérailles de
leur ami. En se recueillant sur sa dépouille, ils entendront, comme nous
tous, la voix de ce Robert Lemieux qui, un soir d?Octobre 1970, lançait,
devant cette foule rassemblée au Centre Paul-Sauvé scandant « FLQ », son
retentissant « Nous vaincrons! »
Sur la photo, de gauche à droite : Robert Lemieux, Jacques Rose, Claire
Rose, Yvon Deschamps et Paul Rose.
---
Lawyer who defended FLQ after October Crisis dies at 66
Last Updated: Tuesday, January 22, 2008 | 12:34 PM ET
CBC News
Robert Lemieux, a Quebec lawyer who rose to prominence in the 1970s
defending members of the Front de libération du Québec (FLQ) following the
1970 October Crisis, died Monday.
A person close to Lemieux who requested anonymity said he died at his home
in Sept-Iles, in northeastern Quebec, apparently of natural causes, and was
found lying on a sofa in his home. He was 66.
The friend told Canadian Press that Lemieux had been suffering from
headaches recently.
The Montreal lawyer garnered fame for defending members of the infamous
Chenier cell, part of the FLQ, after the province's labour minister Pierre
Laporte was murdered during the October Crisis.
Lemieux defended about 30 members of the organization in court and also
worked as a negotiator and spokesman for the group following the kidnapping
of British diplomat James Richard Cross.
An ardent sovereigntist, Lemieux was accused at the time of being too chummy
with the FLQ, a connection expressed in an interview with CBC host Peter
Gzowski just after the kidnapping: "I would even go so far as saying the
majority of Quebecers, perhaps of French-speaking Quebecers, think this is a
beautiful move, and are glad," he said in the 1970 interview.
Continue Article
He was also seen as a fiery orator who persuaded many people to support
French-language rights in Quebec, remembers Jérome Choquette, the province's
justice minister during the FLQ crisis. "He emerged as an outspoken person
for the FLQ," he told CBC News. "He became a rabble rouser ? a very
enthusiastic supporter."
Lemieux was eventually sentenced to 2½ years in jail after being charged
with contempt of court during the trial of one of his Chenier cell clients.
He served about 13 months of that sentence, and also spent time behind bars
after the War Measures Act was invoked during the October Crisis.
Lemieux never relinquished the idea that Laporte's death was accidental and
not the Chenier cell's fault. "History would acquit us," he said at the
time. "We will be more-or-less right in the long term, and that our ideas
would triumph."
One-time FLQ member Paul Rose, who is serving a life sentence for Laporte's
murder, called him a great friend. "A great man too," he told CBC's
French-language service. "Someone who held civic rights close to his heart."
After his time served in jail, Lemieux was rarely seen working in the
corridors of the Montreal courthouse.
He relocated to Sept-Iles, on Quebec's lower north shore, and in recent
years continued to work on cases involving workers' rights and native
issues.
In 2000 he defended jailed biker gang members, including Maurice (Mom)
Boucher, the former Quebec Hells Angels boss.
The province's coroner's office will perform an autopsy, but provincial
police said there is no sign of foul play.
**None of Quebec's three main political parties have commented publicly on
his death.**
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