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[A-List] Montréal's gleeming employment future: you don't speak French? Qui cares?
I don?t speak french
Le français pas important
Le Journal de Montréal
lundi 14 janvier 2008
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La représentante du Journal sert des clients en anglais à la caisse dans un
magasin avant Noël.
Noée Murchison - Malgré les 30 ans de la loi 101, les francophones peinent
encore à se faire servir dans leur langue à Montréal. Une de nos
journalistes a pu trouver 15 emplois dans des commerces en parlant
uniquement anglais.
En quelques semaines, une représentante du Journal se faisant passer pour
une unilingue anglophone a été embauchée dans plusieurs commerces avec un CV
juste en anglais.
Dès la première journée, elle a obtenu deux emplois et trois entrevues,
menant tous à son embauche.
Elle disait à tous les employeurs qu?elle savait dire un seul mot de
français : « bonjour ».
Des « chialeux »
La journaliste, qui peut s?exprimer en anglais sans accent, a travaillé
directement avec la clientèle en tant que vendeuse, serveuse ou caissière.
Dans huit endroits sur 15, elle n?a jamais été obligée de dire un seul mot
de français.
Un seul magasin a finalement placé la représentante du Journal dans
l?arrière-boutique parce qu?elle n?arrivait pas à servir les clients en
français.
Dans les 14 autres commerces, les patrons jugeaient que ses lacunes en
français n?étaient pas très importantes, et ce, malgré les plaintes de la
clientèle. « Ce n?est pas grave, ces clients-là sont chialeux », disait
notamment une patronne. Une gérante francophone est même allée jusqu?à
demander l?assistance d?une employée bilingue pour traduire l?entrevue
d?embauche de la journaliste.
Plaintes
La plupart des emplois obtenus étaient en plein coeur de Montréal, l?endroit
qui suscite le plus de plaintes pour la langue de service, selon Gérald
Paquette, porte-parole de l?Office québécois de la langue française (OQLF).
« Le centre-ville de Montréal a une valeur symbolique. On a un problème si
on n?est pas capable de s?y faire accueillir et servir en français »,
dit-il.
Un expert de la situation linguistique au Québec remarque que les gens se
plaignent de plus en plus qu?ils se font servir en anglais à Montréal.
Charles Castonguay l?a lui-même observé en tant que client.
« On dirait qu?on est en train de perdre le contrôle de la situation et que
l?anglais est en train de redevenir la langue principale dans le
centre-ville », constate-il.
Fiefs francophones
La représentante du Journal a décroché aussi des emplois dans des fiefs
francophones comme la Rive-Sud et le Plateau Mont-Royal.
Elle a été engagée comme vendeuse sur le Plateau sans même que la gérante
lui demande si elle parlait français.
Plusieurs patrons ont d?ailleurs félicité la journaliste, qui servait en
anglais des clients majoritairement francophones.
« Tu es formidable avec les clients », disait un patron en qualifiant d?«
excellent » le service offert par la journaliste.
Avis à nos lecteurs
Nous avons choisi de ne pas publier les noms des commerces qui ont embauché
la représentante du Journal. Nous souhaitons ainsi éviter de montrer du
doigt seulement certaines entreprises alors que les résultats de l?enquête
reflètent un phénomène largement répandu.
De plus, les questions linguistiques ayant par le passé été à l?origine
d?actes de vandalisme, nous préférons taire le nom de ces commerces afin
d?éviter qu?ils soient ciblés, le cas échéant.
Les faits
Une journaliste du Journal de Montréal, Noée Murchison, s?est rendue dans 97
commerces de la région de Montréal avec un curriculum vitæ rédigé uniquement
en anglais.
Le CV distribué indiquait l?anglais comme seule langue parlée, avec une
certaine connaissance du français.
Quand un employeur questionnait la journaliste à savoir si elle parlait
français, elle répondait : « Non, je comprends un peu, mais sans plus » ou «
Non, je pourrais dire bonjour, mais c?est tout ».
La journaliste informait tous les employeurs qu?elle serait incapable de
répondre aux clients en français et de les servir dans cette langue.
En entrevue, la journaliste refusait toujours de parler français. Quand on
lui demandait si elle était prête à apprendre le français, elle répondait
qu?elle « pourrait peut-être essayer ».
En servant les clients, elle ne disait au départ aucun mot de français.
Lorsqu?un patron exigeait qu?elle salue ou remercie en français, elle se
limitait à quelques mots comme « bonjour » et « merci ».
source
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I don?t speak french
Un phénomène très répandu
Noée Murchison
Le Journal de Montréal
14/01/2008
Employer des vendeurs ou des serveurs qui ne parlent pas français n?est pas
exceptionnel.
Dans 14 des 15 commerces où la représentante du Journal de Montréal a
travaillé, d?autres employés unilingues anglophones travaillaient ou avaient
déjà été embauchés.
« L?autre serveuse ne parlait pas français non plus quand elle a commencé »,
disait notamment la gérante d?un restaurant de la Place Ville-Marie pour
rassurer la journaliste.
L?employée en question avait appris depuis à servir les clients en français
en répétant des formules simples : « pour ici ou pour emporter ? », « comme
ça ? », « chauffé ? », etc.
Clients fâchés
Plusieurs patrons ne s?assuraient même pas d?avoir au moins un employé
bilingue disponible pour servir les clients.
Dans sept endroits sur 15, la journaliste s?est retrouvée seule ou en
présence d?autres employés ne parlant pas le français.
Dans une boutique du centre-ville où elle était caissière, un vendeur
répondait en anglais aux questions qu?on lui posait en français. « Certains
clients se fâchent, parfois ils piquent vraiment une colère », confiait-il.
Unilingues anglophones
Les autres vendeurs laissaient pourtant les deux employés unilingues
anglophones seuls dans la boutique.
Dans un autre magasin du centre-ville, tous les employés rencontrés par la
journaliste étaient anglophones.
Ils ne servaient jamais les clients en français à moins que ces derniers ne
manifestent leur irritation.
source
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La loi n?est pas efficace
Le Journal de Montréal 14/01/2008
Gérald Paquette, porte-parole de l?Office québécois de la langue française,
dit que le centre-ville est l?endroit qui génère le plus de plaintes pour la
langue de service.
Photo Pascal Ratthé
Q Est-ce que les entreprises sont obligées d?embaucher des gens qui parlent
le français pour servir les clients ?
R Oui et non. Les entreprises qui ont 50 employés et plus ont l?obligation
d?embaucher des personnes qui ont une connaissance fonctionnelle du français
ou qui s?engagent à l?apprendre. Les petites entreprises ne sont pas
obligées d?embaucher du personnel qui parle le français.
Q À quoi peuvent s?attendre les clients pour le service en français ?
R Tous les commerces, même les petits, doivent respecter la Charte de la
langue française pour la langue d?accueil, de service et d?affichage.
Q Qu?est-ce que la langue d?accueil et de service ?
R La langue d?accueil est celle avec laquelle la conversation est d?abord
engagée avec le client. La langue de service est la langue dans laquelle le
client est servi après les salutations.
Q Que dit la loi ?
R « Toute personne a le droit de communiquer en français avec
l?Administration, les services de santé et les services sociaux, les
entreprises d?utilité publique, les ordres professionnels, les associations
de salariés et les diverses entreprises exerçant au Québec. » « Les
consommateurs de biens ou de services ont le droit d?être informés et servis
en français. » (Articles 2 et 5 du préambule de la Charte de la langue
française)
Q Est-ce qu?on peut porter plainte contre des commerces dont la langue
d?accueil ou de service n?est pas le français ?
R Oui. Toute personne peut demander à l?Office québécois de la langue
française (OQLF) d?envoyer un inspecteur vérifier l?application de la Charte
dans un commerce.
Q Qu?est-ce qui se passe quand une plainte est déposée ?
R L?OQLF envoie un inspecteur vérifier dans le commerce si la plainte est
fondée, c?est-à-dire si le français est la langue d?accueil et de service.
Une lettre rappelant les obligations des commerces en vertu de la Charte de
la langue française est envoyée aux propriétaires.
Q Est-ce que les commerces dans lesquels la langue d?accueil ou de service
n?est pas le français s?exposent à des poursuites ?
R Non. Même si le fait de ne pas accueillir ou servir les clients en
français contrevient à l?esprit de la Charte de la langue française, les
articles qui sont concernés ne peuvent pas générer de procédures
judiciaires. C?est aussi difficile de constater quelle est la langue
d?accueil et de service dans un commerce, car des employés bilingues peuvent
être présents à un moment et pas à un autre. Ce n?est pas comme l?affichage,
pour lequel la Charte est beaucoup plus claire et peut entraîner des
poursuites contre les commerces contrevenants.
# Source : Office québécois de la langue française
source
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Enquête
I don?t speak French
Noée Murchison
Le Journal de Montréal
14/01/2008
Voici un aperçu des 15 commerces dans lesquels la représentante du Journal a
travaillé en tant qu?anglophone unilingue.
1. SERVEUSE
Type de commerce : café
Où : centre-ville
Temps travaillé : un quart de travail
À l?entrée, une grande affiche indique : "Personnel bilingue demandé".
La question du français est vite réglée. "Vous parlez anglais ?" "Oui".
"Français ?" "Non. Je sais dire bonjour, mais sans plus..." "C?est mieux que
moi", s?exclame la propriétaire en anglais. Elle embauche immédiatement la
journaliste.
La formation se fait uniquement en anglais. La patronne ne donne aucune
indication pour dire "bonjour" ou "merci" aux clients.
Installée devant la machine à espresso, la journaliste salue les clients et
prend les commandes en anglais. Malgré cela, la patronne lui offre un
horaire à temps plein.
Environ un tiers de la clientèle est francophone. Un seul employé parle
suffisamment français pour bien servir les clients.
2. VENDEUSE
Boutique
Centre-ville
Trois quarts de travail
La journaliste est accueillie en anglais par la gérante, qui s?informe si
elle parle français.
Comme c?est non, la gérante demande si elle serait prête à s?exercer un peu
à parler français. "La clientèle est moitié anglophone moitié francophone",
dit-elle, et elle engage immédiatement la journaliste.
Pour l?accueil des clients, elle conseille : "Souvent, je lance un Hallo
générique. S?ils disent Hi, je me dis yeah ! S?ils commencent à parler
français, je me dis ah non !"
La journaliste accueille tous les clients avec "Hallo". S?ils répondent en
français, elle les sert en anglais ou les refile à d?autres vendeuses.
Pour expliquer les produits aux clients, la gérante lui suggère de leur lire
les affiches rédigées en français.
Elle félicite la journaliste pour son approche des clients, et dès la
seconde journée, celle-ci est laissée seule dans la boutique.
3. CAISSIÈRE
Magasin spécialisé
Centre-ville
Quatre quarts de travail
La journaliste est engagée par une gérante francophone qui doit même
demander à une employée bilingue de traduire l?entrevue.
Elle veut savoir si la journaliste est prête à apprendre quelques mots pour
répondre aux francophones dans leur langue. Sans dire un mot en français, la
candidate répond qu?elle est toujours prête à apprendre. Elle obtient
l?emploi.
La gérante s?assure que des employées bilingues pourront la former en
anglais.
La journaliste accueille tous les clients, qui sont moitié francophones,
moitié anglophones en disant "Hello, how are you ?".
À la caisse, elle donne le total et dit merci en anglais. Les autres
employés traduisent les montants aux clients qui ne comprennent pas, sans
demander à la journaliste de dire "merci" en français.
4. VENDEUSE
Boutique de vêtements
Plateau Mont-Royal
Une journée de travail
La superviseure des boutiques embauche tout de suite la journaliste sans
même lui demander si elle parle français.
La clientèle est aux deux tiers francophone. La moitié paraît mal comprendre
l?anglais.
S?adressant aux clients uniquement en anglais, la journaliste en insulte et
en fait fuir plusieurs. Une dame se fâche : "Ce que je veux, madame, c?est
que vous me parliez en français. On est au Québec ici !"
À quelques pas de là, la patronne ne réagit pas du tout. Elle ne demande pas
à la journaliste de se forcer pour saluer les gens en français.
Malgré les réactions négatives des clients, la gérante offre un horaire à
temps plein à la journaliste.
5. VENDEUSE
Boutique
Centre-ville
Deux journées de travail
Deux francophones réalisent péniblement l?entrevue en anglais.
"C?est très important de dire bonjour aux clients en français", dit la
gérante. Elle mentionne que la propriétaire des boutiques se fâche si
elle-même se fait accueillir en anglais dans un autre commerce.
Même si la journaliste se refuse à parler français, elle est embauchée comme
vendeuse et emballeuse.
L?employée bilingue qui la forme lui suggère de s?excuser pour son mauvais
français et de chercher une autre vendeuse si elle doit servir des
francophones.
À sa deuxième journée, la journaliste se fait avertir plusieurs fois de
servir les clients francophones en français. Elle travaille comme vendeuse
alors qu?une francophone bilingue fait de l?emballage.
6. CAISSIÈRE
Magasin spécialisé
Centre-ville
Deux quarts de travail
Dans ce magasin situé près du métro Atwater, tous les clients sont
accueillis et servis uniquement en anglais. Lorsqu?ils posent des questions
en français, la gérante et les employés leur répondent en anglais.
C?est seulement si les clients insistent en demandant, généralement de
mauvaise humeur, "C?est quoi en français ?" qu?ils obtiennent une traduction
sommaire.
Alors que la journaliste fait passer des clients à la caisse, la gérante lui
fait même signe de ne pas expliquer la carte de membre du magasin à une
cliente francophone qui ne comprend pas l?explication en anglais.
Les trois membres du personnel rencontrés par la journaliste sont unilingues
anglophones. La gérante du magasin indique pourtant que 40% de la clientèle
est francophone.
7. VENDEUSE
Boutique de vêtements
Côte-Saint-Luc
Deux quarts de travail
Dans cette galerie marchande où la grande majorité de la clientèle est
anglophone, s?adresser aux clients uniquement en anglais est une chose
normale.
La journaliste travaille auprès du patron et de deux employés, tous
anglophones. Ils ne lui demandent pas si elle se débrouille en français.
Les conversations entre employés sont en anglais et les clients sont
systématiquement accueillis par "Hi, how are you ?".
Un tiers de la clientèle semble pourtant plus à l?aise en français.
Lorsqu?un client ne comprend pas du tout l?anglais, une des employées
traduit brièvement en français.
Le patron demande à la journaliste ce qu?elle a pensé de sa journée. "Ça a
bien été, mais est-ce qu?il y a beaucoup de clients francophones ?"
demande-t-elle.
"Pour chaque client francophone qui entre, il y en a trois anglophones", dit
une vendeuse pour la rassurer.
8. SERVEUSE
Type de commerce : restaurant
Où : centre-ville
Temps travaillé : trois quarts de travail
Pour tester la compréhension du français de la journaliste, le patron lui
demande : "C?est quoi ton nom ?"
Elle hésite un moment et dit finalement son prénom. "OK, c?est très bien",
dit-il. Le patron embauche immédiatement la journaliste à temps plein.
Il lui demande de dire "bonjour" avant "hi" pour accueillir les clients. "Ça
peut paraître étrange, mais c?est la loi et parfois les francophones ne
parlent pas très bien l?anglais", explique-t-il.
À quelques reprises, des clients doivent traduire ce que dit la journaliste
à des clients francophones.
Elle remercie et salue aussi en anglais à la caisse, près du patron. Il la
complimente pourtant pour l?"excellent service" qu?elle donne aux clients :
"Tu es formidable avec les clients."
9. SERVEUSE
Restaurant
Centre-ville
Deux quarts de travail
L?anglais est la langue de travail prédominante dans ce restaurant où les
clients sont accueillis en français ou en anglais.
Pourtant la clientèle est environ aux trois quarts francophone. De nombreux
clients sont froissés de se faire servir en anglais. Plusieurs sont insultés
et répondent systématiquement en français aux questions posées par la
journaliste.
Le type de menu exige que les clients comprennent bien les serveuses. La
gérante tente d?enseigner à la journaliste comment demander si un plat doit
être chauffé en français.
Elle explique que certains clients se sont plaints. "C?est juste à moi,
alors ce n?est pas grave", relativise-t-elle.
Lorsque la journaliste n?utilise pas le vocabulaire enseigné, on ne lui fait
aucun reproche.
10. VENDEUSE
Boutique de vêtements
Centre-ville
Deux journées de travail
Le superviseur régional des boutiques de cette chaîne réalise l?entrevue en
anglais. La question du français en occupe la majeure partie. "Ma seule
hésitation, c?est le français, avoue-t-il. Ici, on a beaucoup de clients qui
sont des puristes de la loi 101, toujours prêts à brandir des affiches."
Même si elle répète qu?elle ne parle pas le français, il décide d?embaucher
la journaliste comme vendeuse. "On va t?aider si de ton côté tu acceptes
d?écouter TVA et de lire des revues francophones", dit-il.
"Je veux éviter un débat linguistique, précise-t-il. Les francophones ont
besoin de voir que tu essaies. Ensuite, ils vont te dire ce qu?ils veulent
en anglais : 80% sont gentils."
Tout au long de l?entrevue, le superviseur, qui est francophone, s?excuse
pour la qualité de son anglais.
11. CAISSIÈRE
Boutique de chaussures
Centre-ville
Deux journées de travail
Le français n?est même pas mentionné lors de l?entrevue et la journaliste
est embauchée.
Le logiciel de caisse est en anglais. Les autres employés se forcent pour
s?adresser en anglais à la journaliste.
La gérante lui explique que la caisse est son domaine exclusif. Étant
l?unique caissière, elle ne peut pas référer les clients francophones à un
autre employé.
La journaliste donne les totaux en anglais. Plusieurs clients comprennent
mal le montant exigé. "Combien ?" disent-ils, étonnés.
La seconde journée, la gérante dit enfin : "Si tu vois que des clients sont
francophones, essaie de dire merci." C?est la première fois qu?on aborde la
question du service en français.
12. CAISSIÈRE
Animalerie
Rive-Sud
Deux journées de travail
En quelques heures, la journaliste est embauchée. Au moins les trois quarts
des clients sont francophones.
La journaliste en sert quelques centaines sans dire un mot de français.
Plusieurs sont insultés lorsqu?elle donne le total en anglais. "Pardon ?"
s?exclament-ils. La journaliste bafouille en regardant son écran et ils
paient en soupirant.
Le gérant conseille : "Tu dois vraiment travailler ton français, juste dire
bonjour, merci et le total. Parce qu?inévitablement, tu vas tomber sur un
maniaque du français qui va piquer une crise."
On demande à la journaliste de faire des appels par intercom en anglais et
de répondre au téléphone du magasin.
À la fin de la journée, le gérant félicite la journaliste. "Ça s?est bien
passé", dit-il, satisfait.
13. CAISSIÈRE
Restaurant asiatique
Dorval
Deux journées de travail
Contrairement à ceux du centre-ville, les clients francophones ne
s?offusquent pas d?être servis en anglais dans l?Ouest-de-l?Île.
Les chefs expliquent toutefois à la journaliste qu?elle doit accueillir les
clients avec "bonjour" plutôt que "hello ".
"Parce que c?est le Québec, on essaie d?utiliser leur langue, explique l?un
deux. Mais comme nous sommes un restaurant asiatique, la plupart des gens
vont transférer en anglais car ils savent qu?on parle anglais."
La journaliste demande si elle doit dire "bonjour" en premier, avant de
parler anglais. "Non. Moi je dis Hi, bonjour", indique un employé. "Pour
autant que tu as le bonjour quelque part", renchérit l?autre.
Pour l?aider à pallier ses lacunes en français, le gérant lui donne un menu
bilingue à étudier.
14. CAISSIÈRE
Pharmacie
Côte-Saint-Luc
Trois quarts de travail
Dans cette ville majoritairement anglophone, toutes les conversations entre
employés sont en anglais.
La plupart des caissiers accueillent les clients d?abord dans cette langue.
L?un d?entre eux ne parle pas du tout français. Il sert même les clients
francophones en anglais.
Une cliente anglophone s?étonne que le système de caisse affiche les totaux
en français sur l?écran. "C?est tout en français, maintenant ! Je ne
comprends même pas", se plaint la dame.
Les rares clients francophones semblent très habitués à se faire servir en
anglais.
Quand la journaliste feint de ne pas comprendre leurs demandes et s?excuse
en mauvais français, la majorité s?empresse de changer de langue.
"C?est correct en anglais", disent-ils l?un après l?autre.
15. CAISSIÈRE
Café
Centre-ville
Un quart de travail
Lors de l?entrevue d?embauche, le propriétaire de la franchise accorde
beaucoup d?importance au français.
"Il n?y a pas beaucoup de clients francophones, mais certains sont fous.
S?ils parlent français et que tu ne peux pas leur répondre, ils vont être
insultés", explique-t-il en anglais.
Il embauche tout de même la journaliste pour servir les clients. La
formation est offerte en anglais par des employés bilingues.
"Quand j?ai commencé à travailler ici, je parlais littéralement deux mots de
français", avoue le gérant.
La journaliste apprend à préparer le café et à s?occuper de la caisse. Elle
remet les commandes et remercie tous les clients en anglais. Les autres
employés accueillent les clients en anglais ou en français.
- Thread context:
- Re: [A-List] Re-Accommodating the Acadians, (continued)
- [A-List] Montréal's gleeming employment future: you don't speak French? Qui cares?,
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