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[A-List] La gauche historiquement faible
<http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-921402@51-921293,0.html>
La majorité présidentielle plébiscitée, le nouveau calendrier
électoral sanctionné
LEMONDE.FR | 10.06.07 | 22h28 • Mis à jour le 10.06.07 | 23h11
Projections des sièges à l'Assemblée | SCA, SOfres, Ipsos
<http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/ill/2007/06/10/h_3_sieges_463_.jpg>
Une élection sanctionnée. Après avoir frôlé le record de la
participation à une élection présidentielle il y a un mois, la France
enregistre un record absolu d'abstention pour une élection législative
sous la Ve République. Après l'engouement des électeurs pour le débat
public qui a marqué la campagne présidentielle de 2007, il serait
cependant excessif de parler de désaffection démocratique ou de crise
civique. Ce sont les "nouvelles élections législatives" que les
électeurs ont sanctionnées en s'abstenant massivement. Avec la réforme
du quinquennat et l'inversion du calendrier électoral, ces élections
qui se tiennent dans la foulée de l'élection présidentielle sont
désormais ressenties comme une formalité destinée à donner une
majorité au gouvernement.
Pour la droite, l'amplification de la présidentielle. Nicolas Sarkozy
est assuré de disposer d'une large majorité. Avec un score d'environ
43 %, l'UMP et ses alliés (40,9 % pour l'UMP et 2,2 % pour le Nouveau
Centre) remportent une large victoire en voix qui amplifie
considérablement le score de leur candidat au premier tour de la
présidentielle (31,2 %). C'est à la fois la traduction de l'état de
grâce qui a caractérisé les premier pas du nouveau président, la
confirmation d'un choix cristallisé à l'occasion d'une très longue
campagne et l'amplification logique de sa victoire liée au mode de
scrutin majoritaire. La popularité de Nicolas Sarkozy depuis son
élection combinée à sa stratégie d'occupation tous azimuts de l'espace
politique dès les premiers jours de sa présidence ont rencontré dans
l'opinion un accueil favorable que les résultats du premier tour
viennent confirmer. La passion et l'intérêt qui ont accompagné la
longue campagne pour l'élection présidentielle autour des projets des
candidats ont surtout permis aux électeurs d'effectuer un vrai choix
politique ; la cristallisation issue de ce processus ne pouvait être
remise en cause à l'occasion de ces élections législatives.
La gauche historiquement faible. Avec un total de 36 % des voix, la
gauche parlementaire (PS-PC-Verts et divers gauche) se situe
paradoxalement à un niveau très faible pour des élections législatives
mais améliore néanmoins de près de 7 points son score par rapport au
premier tour de la présidentielle (29,1 % pour le total des voix de
Royal, Buffet et Voynet). Le Parti communiste, avec 4,5 % (contre 1,9
%), fait la meilleure opération grâce à sa bonne implantation locale.
Le Parti socialiste, avec un score de 28,5 %, améliore très légèrement
le score de Ségolène Royal (25,9 %) mais se situe proche de son
résultat aux législatives de 2002, qui avait suivi le séisme du 21
avril 2002 (28 % des suffrages exprimés). Stable voire en léger
progrès électoralement, mais défaite politiquement, la gauche
parlementaire profite naturellement du mode de scrutin majoritaire qui
marginalise les petits courants mais subit la vague bleue qui
accompagne la victoire de la droite à la présidentielle. Elle est
handicapée par un niveau global historiquement faible : avec 39 % – en
comptant l'extrême gauche – contre 36 % à la présidentielle de mai, la
gauche aborde en position défavorable le second tour et les prochaines
échéances, se trouvant contrainte de composer avec un centre qui même
faible lui barre désormais la route à toute victoire sans une nouvelle
définition de sa ligne et de ses alliances.
Le Modem, siphonné mais vivant. Avec 7 % des suffrages exprimés pour
le MoDem, François Bayrou échoue en partie à implanter dans le paysage
politique l'existence d'un centre autonome. Son faible enracinement
local et la logique majoritaire des législatives lui interdisent de
jouer le rôle de troisième force que son score à l'élection
présidentielle faisait miroiter (18,7 %). En cinq semaines, le
Mouvement démocrate a perdu près de cinq millions de voix par rapport
au socle électoral du candidat béarnais, dans un scrutin certes moins
mobilisateur et difficile pour une formation émergente. Preuve que le
succès de Bayrou ne résidait pas seulement dans son positionnement
mais aussi dans une équation personnelle que les candidats fraîchement
investis du MoDem n'ont pas su imposer dans leur circonscription
respective. Faute de trouver une traduction en sièges parlementaires,
l'influence de François Bayrou sur la vie politique au cours des cinq
prochaines années sera limitée. Il devra trancher l'aporie d'une ligne
autonome dans un paysage fortement polarisé qui profite à un homme
lors de l'élection présidentielle mais qui n'assure pas d'élus dans sa
foulée. En revanche, sa présence électorale, faible mais réelle, reste
une force de nuisance surtout pour la gauche, qui se doit de trouver
une solution à son existence comme la droite avait dû le faire à
propos du Front national.
Le Front national étranglé. La rebipolarisation du paysage politique
et l'accentuation de la victoire de l'UMP ont fait une autre victime :
le Front national, qui recule de plus de cinq points par rapport au
score de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle, recueillant
son résultat le plus faible depuis sa percée électorale au milieu des
années 1980. Le voilà ramené à des scores jamais enregistrés depuis
plus de vingt ans, qui confirme l'essoufflement de la dynamique Le
Pen. Le FN est certes habitué aux reflux liés au système majoritaire :
à chaque législative, il perd environ un tiers de ses suffrages.
Aujourd'hui il perd la moitié de son socle présidentiel, se repliant
sur le noyau dur de l'extrême droite (Tixier-Vignancourt avait obtenu
5 % des voix à l'élection présidentielle de 1965). Le résultat de
Nicolas Sarkozy le 22 avril avait contenu Jean-Marie Le Pen. La
domination de l'UMP étrangle aujourd'hui le FN.
Philippe Chriqui et Pierre Christian, expression-publique.com pour lemonde.fr
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Yoshie
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